Contact & Renseignements :
Diane CHAPEL
Commissaire-priseur
d.chapel@etudemorand.com
Téléphone : + 33 (0)1 40 56 91 96 / +33 (0)6 75 45 84 12
Vendredi 11 octobre 2024 à partir de 14h00
Vente Online
FRAIS DE VENTE : 28,80 % TTC
Pour participer :
- Inscription obligatoire sur Drouot Online (Accès à l’exposition des lots sur inscription).
Conditions particulières :
Le retrait des lots se fera sur rendez-vous à partir du Vendredi 18 octobre 2024, à Paris 75015 (Métro Sèvres-Lecourbe).
[L'adresse exacte vous sera communiquée après entier paiement du bordereau, lors de la prise du rendez-vous]
Nous vous proposons des solutions de livraisons et d'expéditions sur devis, si vous ne pouvez pas vous déplacer.
Présentation de la vente :
La collection de Madame L. se propose comme un itinéraire idéal pour célébrer l’art céramique et graphique de Jean Cocteau.
Ancienne galeriste ayant dirigé entre 1977 et 1981 « l 'Institut d’Orphée » situé rue d’Ormesson dans le 4e arrondissement, Madame L. a découvert l’Art de Jean Cocteau à la fin des années 1950 grâce à son mari Michel. L, artiste peintre et poète. Dès lors, passionnée par le travail de l’artiste, elle se lance dans une collection et fait l’acquisition dès 1958 de huit céramiques auprès Marie-Madeleine Jolly et Philippe Madeline.
Entre juillet et août 1977, la galerie, dont le nom rend hommage à l’esprit Cocteau, organise notamment une exposition au Touquet placée « sous le signe du zen et de la fête » et réunit alors un ensemble de poteries, photographies et textes relatifs aux artistes Georges Mathieu, Raymond Moretti et Jean Cocteau. A cette occasion, sont notamment présentés des plats comme « Les quatre profils » (Lot n°18) mais aussi des affiches et des lithographies comme « Innamorati » (Lot n°23)
Si le couple n’a malheureusement jamais pu faire la rencontre de Jean Cocteau, leur intérêt pour l’artiste les a conduit à se lier d’amitié et à fréquenter plusieurs personnalités ayant fait partie de son entourage proche, notamment l’écrivain arlésien Jean-Marie Magnan (1929-2020), le photographe Lucien Clergue (1934-2014) et surtout Edouard Dermit (1925-1995), le fils adoptif de Cocteau.
Cohérente et diversifiée, cette collection réunit ainsi des œuvres graphiques, des ouvrages ainsi qu’un remarquable ensemble de huit céramiques originales réalisées par Jean Cocteau et l’Atelier Madeline-Jolly, notamment le vase sculptural « Grand chêvre-cou » (Lot n°24), œuvre forte d’un « style neuf et capable de produire un choc » d’après les mots de Jean Cocteau, ou encore la plat « Les Trois yeux » (Lot n°8), la pièce céramique préférée de Picasso.
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« Il n’y a que les très grands hommes qui comprennent leur temps : tu as compris le tien en même temps que tu le créais »
Max Jacob, [Lettre à Cocteau], 8 mars 1926
Trop connu et donc méconnu, la reconnaissance de l'Art de Jean Cocteau s'est peu à peu voilée derrière le masque de sa célébrité. Mais il ne faut pas s'y tromper, si familier, voire populaire que demeure son nom, Jean Cocteau demeure cet artiste prolifique et témoin d'un siècle dont il est souvent le préfigurateur.
Artiste touche à tout par excellence, Cocteau s’impose en effet dans tous les domaines, à la fois poète, cinéaste, romancier, chorégraphe, dramaturge, photographe, dessinateur, musicien.
En cela, Cocteau s’affirme résolument comme un grand moderne, en ne hiérarchisant pas les actes de dessiner, d'écrire ou de filmer.
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« C’était surement le Grand Maître du Trait. Comment ne pas être subjugué par son graphisme équilibré, rigoureux sans être géométrique, tendre sans mièvrerie »
Philippe Madeline-Jolly
Jean Cocteau s’illustre comme un dessinateur et un graveur hors pair, usant de son trait pur et facile, à la grâce inimitable, pour réinventer un type unique devenu icône : le visage masculin néo-grec de profil.
Au travers de ses multiples réalisations graphiques, l’artiste livre ainsi une œuvre entièrement placée sous le signe de la poésie, puisant son inspiration dans l'antiquité, les constellations, la modernité, le rêve, voguant sans cesse d’une rive à l’autre.
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« Picasso m’avait dit que si je mettais une céramique au four, j’étais perdu. Mais j’ai toujours eu le goût de me perdre avec délice […] »
Après quelques essais d’assiettes en 1953, Jean Cocteau rencontre quatre ans plus tard les céramistes professionnels Philippe Madeline et Marie-Madeleine Jolly et devient leur apprenti à 68 ans. Petit à petit, il se lance avec passion dans le travail de la terre-crue, propose des dessins et use de son génie et sa puissance créatrice pour révolutionner les techniques utilisées jusqu’alors par le couple de potiers. Ainsi, de la fin de l’année 1957 jusqu’en 1963, date de sa mort, plus de 300 poteries voient le jour dans l’atelier de Villefranche sur Mer, issues de la collaboration fructueuse entre la maîtrise des brillants techniciens et l’imagination de Jean Cocteau.